Oui le parc nucléaire français est un atout exceptionnel pour développer le véhicule électrique, à batteries ou à hydrogène.
Je constate à regret que certains, peut-être sous l’influence des ayatollahs allemands anti-nucléaires (mais pas choqués de brûler de la lignite), ne semblent pas percevoir ce patrimoine industriel comme un atout et veulent voir l’avenir fait de solutions tout simplement trop coûteuses pour marcher: regrettable erreur de jugement. Car il faut comparer les coûts hors aides publiques et hors taxes: c’est-à-dire comparer le coût du gaz et du pétrole hors taxes (grosso modo le prix à la pompe divisé par 2) au coût du nucléaire et de l’électricité renouvelable hors aides: c’est cela qui permet de trier les solutions viables ou non. Si il faut des aides publiques pour faire marcher une solution qui par ailleurs conduit à percevoir moins de taxes, l’équilibre budgétaire de l’Etat ne permettra pas le maintien d’une telle solution. Il est évident que l’électricité des voitures finira par être taxée: on peut taxer l’électricité nucléaire en restant intéressant, mais on ne peut pas taxer l’énergie renouvelable qui a au contraire besoin de subventions! Donc ne nous faisons pas d’illusions: le modèle économique de la voiture électrique ne peut fonctionner qu’avec une production d’énergie très peu chère. Une éolienne terrestre, c’est 2 à 3 fois le coût du nucléaire, les capacités sont limitées, et ça ruine la beauté des paysages. Un panneau solaire, c’est près de 10 fois le coût du nucléaire.
Nos centrales nucléaires actuelles, déjà construites et largement financées, peuvent nous fournir une énergie abondante, économique, stable et propre pendant encore 30 à 40 ans, en attendant de nouvelles générations (4ème génération, fusion…). Il faut exploiter cet atout au maximum et 24/24: la production nocturne d’hydrogène et la recharge nocturne des batteries sont un moyen de faire rouler nos voitures de manière particulièrement écologique. Faire tourner nos centrales à fond, c’est autant de pétrole ou de gaz dont on n’a pas besoin, le bénéfice écologique est immédiat. Nos centrales sont là, il faut les utiliser et non les dénigrer bêtement. Les batteries des voitures électriques peuvent aussi être un moyen de lisser les pics de consommation et d’éviter le recours aux centrales thermiques (avec un modèle économique et technique à bâtir, mais tout à fait crédible dans le cadre du développement des smart grids).
A noter que le nucléaire par fusion, en cours de mise au point, n’a rien à voir avec le nucléaire actuel: quantité négligeable de déchets nucléaires, et pas besoin d’uranium. C’est l’énergie quasi illimitée qui nous permettra enfin de détruire ces horribles éoliennes qui tuent les oiseaux et balafrent les paysages (d’ailleurs, on a budgété le démantèlement des éoliennes, la suppression de leurs énormes fondations en béton, et le retour à l’herbe?). Et pour la fusion le modèle ITER semble bien plus prometteur que le laser, dont le passage au stade de production industrielle semble bien illusoire.
Reste un débat: continuer la fission avec de la 3ème génération en attendant la mise au point de la fusion, ou industrialiser des réacteurs de 4ème génération, très prometteurs notamment pour leur capacité à recycler des déchets des centrales actuelles?